Le Monde des Rêves


Notre Monde n'est que cette base
Sur laquelle s'érige la structure de nos Rêves...

Petit à petit, rêvons d'un avenir radieux et éclatant
Triomphant des ténèbres du Passé...
Héritage dont nous ne voulons pas !

Oublions le passé et pensons à demain !

Oublions tout découragement.
Même si nous pourrions être las de tous ceux niant cet Idéal
Parce qu'il ne peut être atteint en un seul petit instant...

Petit à petit, travaillons sur un avenir de sagesse,
De pureté, de douceur et de sincérité.

Avenir lointain... ?
Mais ne serions-nous pas déjà cet Avenir rêvé par nos aïeux... ?

Qui peut nier avec certitude que nos rêves
Ne sont pas sur le point de jaillir,
Telle une fontaine flamboyante,
Embrasant l'aurore de Demain ?







La Licorne et le Philosophe


    Il paraitrait logique d'affirmer que la personne qui me connaît le mieux, c'est moi, et bien moi.

    Toutefois, la logique, ce n'est que bien trop souvent du vent. L'exemple concret lui est très certainement supérieur.

    Prenons l'exemple de la Licorne. Nous connaissons bien mieux qu'une licorne ce qu'est véritablement une licorne, car nous avons du recul et la capacité de réflexion. Bien que... A y réfléchir davantage, nous ne connaissons pas suffisamment la licorne pour affirmer qu'elle ne connaît pas davantage que nous ce qu'est véritablement une licorne, et surtout... Nous pourrions supposer que c'est parce qu'elle ne nous connaît que trop bien qu'elle ne se fait que si rarement apercevoir par notre espèce...

    Prenons donc l'exemple moins critiquable du Cheval. Nous connaissons mieux le cheval qu'un cheval ne se connaît, parce que nous ne sommes pas le cheval et que nous l'avons étudié sous toutes les perspectives, avec recul, et que nous avons vraisemblablement de meilleurs capacités dans l'appréhension de la connaissance que lui.

    Mais par ce fait même que nous ne possédons pas plus de capacité d'appréhension de la connaissance que nous même, et que nous ne possédons pas de recul puisque nous sommes nous même, nous nous rendons compte que la connaissance de soi ne peut que nous échapper.

    Jusqu'à ce que nous trouvions le moyen de prendre contact avec une plus haute sagesse. Où la trouver ? En une licorne ? Et pourquoi pas...







Le Battement de Coeur

Ah, mon coeur...

Mon coeur ?

Mon coeur me poigne.

Il me poigne lorsque je pense à toi.

Pourtant, ma raison suspecte,

Et s'en éloigne avec dédain.

Pourtant ma personne s'insurge,

Et dit : Comment ? Moi ? Mais moi, elle ne me mérite pas !

Certainement pas.


Pendant ce temps,

Avec calme, avec humilité et avec gaieté,

Lui sait.

Lui. Mon coeur.

Lui sait qu'il ne se trompe pas,

Et qu'Elle possède un regard dont la pureté pourrait rivaliser avec le mien.

Que nous pourrions nous donner la main avec sincérité.

Que nous pourrions nous plonger dans le miroir du regard de l'autre,

Et nous découvrir nous même.


Car c'est à deux que nous nous trouvons.

Car ce qui est complet, c'est lui avec elle,

Ou elle avec lui.


Je t'aime.

Pourquoi est-ce si difficile à exprimer ?

Par prétention, par vanité, par doute, par timidité ?

Un peu de tout ça à la fois.


Mais pourquoi si difficile ?

Parce que je doute de mon sentiment... aussi.

Parce que je crains qu'une nature inférieure se serve de moi pour assouvir son désir.

Parce que j'ai peur que toute la profondeur ressentie ne soit qu'illusion,

Et qu'elle puisse finalement s'effondrer.


Parce que j'ai peur de déranger celle que j'aime.

Parce que j'ai peur qu'elle ne profite de ma faiblesse.


Je t'aime, mais je ne te le dirai pas.

Ou, si je l'ai sous-entendu, je ne te le confirmerai pas.


Alors, murmurant, lui, mon coeur, a dit :

Je t'aime, et si le destin veut que deux coeurs se rejoignent, je te le confirmerai.







Metro

Plonger sous la terre peut être émerveillement

Lorsque la Terre elle même a bati les passages.

Hélas ! Lorsque l'homme lui même se mêle de ces affaires,

Ce n'est plus alors la beauté qui surgit;

C'est la grisaille et la tristesse.

L'accablante disharmonie de ces gouffres est-elle le reflet ?

Le reflet de la grisaille des propres gouffres de son être ?

Sombre metro de la Ville Lumière...

Comme si cela ne suffisait pas, il fallait encore s'y tasser,

Et nous y étions si serrés que nul ne pouvait plus nous y rejoindre.

J'étais là, pressé mais, tout simplement aussi, curieux.

Curieux de cette grisaille -et de ces regards fuyants.

Puis la porte de fer s'ouvrit encore, et ma foule grisonnante

Contempla la grisaille de la foule extérieure qui ne pouvait entrer.

Je regardais, aussi, mais point cette grisaille :

Au milieu de celle ci la couleur était née.

Une âme vivante perdue dans le flot.

Nos regards se croisèrent.

La porte de fer se ferma.

Mais nous savions, nous, que la grisaille n'était totale...





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