Hubert Reeves est né à Montréal. Détenteur d'un doctorat en astrophysique nucléaire de l'Université Cornell aux États-Unis, il a aussi étudié à l'Université de Montréal où il a enseigné et à l'Université McGill. Ancien conseiller scientifique à la N.A.S.A., il vit en France depuis 1966 où il dirige les recherches au Centre National de Recherche Scientifique tout en demeurant rattaché au Centre d'études nucléaires de Saclay. Astrophysicien réputé, auteur de plusieurs travaux spécialisés, Reeves consacre cependant le tiers de son temps à la vulgarisation. Je crois, dit-il, que la communication du savoir est au moins aussi importante que l'avancement des connaissances: il est malsain et parfois dangeureux de cultiver le secret mandarinal autour de la science. Les titres de ses ouvrages de vulgarisation le décrivent bien. Il aime la littérature et la musique, faisant songer à ces esprits d'autrefois qui mariaient élégamment la science et l'art.

Il a gardé son sourire et sa curiosité d’enfant. L’Univers lui appartient, son capital de sympathie auprès du public prospère. Hubert Reeves croque le ciel à pleines dents. Il n’en revient pas, lui qui court les étoiles, d’avoir atterri par un jour de juillet 1932 sur une planète bleue qui accomplit son quatre milliards cinquante-six millionième tour autour d’un Soleil qui, lui, achève sa vingt-cinquième révolution autour de la Voie lactée. Personnellement, l’astrophysicien militant a déjà participé à soixante-dix révolutions de la Terre autour du Soleil. Au fil du temps, il s’est rapproché de sa planète-mère, si petite, si fragile, si débordante de vie.

Engagement écologique : En février 2001, Hubert Reeves est devenu président de la Ligue pour la préservation de la faune sauvage, prenant la succession de Théodore Monod, décédé en novembre 2000. Il prépare également un livre sur la détérioration de la planète. L'astrophysicien se dit inquiet de l'état du monde dans lequel vivront ses petits-enfants en 2050 : L'astronomie nous apprend qu'il a fallu 15 milliards d'années pour fabriquer le cerveau humain. C'est un paradoxe de voir que cet être humain menace à très court terme la poursuite de l'évolution, la biodiversité. Nous sommes en train de faire régresser la vie et de rendre la planète inhabitable. En nous montrant le long chemin parcouru pour mener à la Terre telle que nous la connaissons, l'astronomie donne une portée plus vaste aux problèmes actuels. Cela amplifie l'idée de gâchis. Au sein de l'association qu'il préside, Hubert Reeves veut internationaliser la lutte pour la protection de l'environnement et rêve de faire accepter un droit d'ingérence écologique. 

(Le Monde, édition du 17 Février 2002)

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