Albert Einstein, né en 1879, est mort en 1955. Physicien allemand naturalisé américain en 1940 pour fuir le nazisme, il élabora de multiples théories révolutionnaires comme le concept de photon Il est surtout l'auteur de la théorie de la relativité qui a fondamentalement marqué la science moderne, dans laquelle il révise pronfondément les notions physiques d'espace et de temps et établit l'équivalence de la masse et de l'énergie (E=mc2). Epris de justice, il lutta activement contre la prolifération des armes nucléaires.

Cet homme remarquable, dont le formidable héritage scientifique n'est pas encore complètement assimilé aujourd'hui, et dont les dernières recherches n'ont pas encore trouvé leur aboutissement malgré des moyens modernes incroyablement plus conséquents (il rêvait de trouver la théorie du tout, c'est à dire réussir à unifier les forces fondamentales en une Superforce originelle, ce qui reste toujours aujourd'hui le "Graal" des physiciens...), était aussi un philosophe accompli, un coté de sa personnalité qui a été un peu masqué par sa renommée scientifique.

(en savoir plus sur Albert Einstein)


La plus belle chose que nous puissions éprouver, c'est le coté mystérieux de la vie. 

 J'affirme que le sentiment religieux cosmique est le motif le plus puissant et le plus noble de larecherche scientifique.

Le hasard, c'est Dieu qui se promène incognito.

       En apparence, la vie n'a aucun sens, et pourtant il est impossible qu'il n'y en ait pas un.

 

  La vraie valeur d'un homme se détermine en examinant dans quelle mesure et dans quel sens il est parvenu à se libérer du moi.

 

   Si vous ne pouvez expliquer un concept à un enfant de six ans, c'est que vous ne le comprenez pas complètement. 

 

           La chose la plus incompréhensible de l'Univers, c'est qu'il est compréhensible.

 

            L'imagination est plus importante que la connaissance.

 

  Celui qui ne peut éprouver ni étonnement ni surprise est comme un homme mort : ses yeux sontéteints.

 

     Il n'y a que deux façons de vivre sa vie : l'une en faisant comme si rien n'était un miracle,
 l'autre en faisant comme si tout en était un.

 

       La connaissance s'acquiert par l'expérience. Tout le reste n'est que de l'information.

 

   N'essayez pas de devenir un homme qui a du succès. Essayer de devenir un homme qui a de la valeur.

 

      Nos efforts pour appréhender la réalité ressemblent à ceux de quelqu'un qui cherche à
  comprendre le mécanisme d'une montre fermée. Il voit le cadran et les aiguilles qui bougent, il
    entend même le tic-tac, mais il n'a aucun moyen d'ouvrir le boîtier. S'il est ingénieux, il se
  forme l'image d'un mécanisme qui serait responsable de tout ce qu'il observe, mais il ne pourra
     jamais être certain que son image soit la seule capable d'expliquer ses observations. Il ne
  pourra jamais comparer son modèle avec le mécanisme réel, et ne peut pas même imaginer quecette comparaison ait un sens.

 

 La religion du futur sera une religion cosmique. Elle devra transcender l'idée d'un Dieu existant
   en personne et éviter le dogme et la théologie. Couvrant aussi bien le naturel que le spirituel,
    elle devra se baser sur un sens religieux né de l'expérience de toutes choses, naturelles et
spirituelles, considérées comme un ensemble sensé.

 

   Un être humain est une partie du tout que nous appelons "Univers"… Une partie limitée dans letemps et l'espace. Il fait l'expérience de lui-même, de ses pensées et de ses sentimentscommeséparés du reste ? une sorte d'illusion d'optique de conscience.
 Cette illusion est comme une prison pour nous, nous limitant à nos désirs personnels, et à n'avoir
  de l'affection que pour les quelques personnes qui nous sont les plus proches. Notre tâche doitêtre de nous libérer de cette prison en élargissant notre cercle de compassion, afin
d'embrasser toutes les créatures vivantes, la totalité de la Nature et de sa beauté.





Dans son livre Comment je vois le monde, publié en 1934, Albert Einstein dévoile avec ferveur et philosophie ses convictions scientifiques, politiques, morales et sociales.

 

Extraits du chapitre 1

 

Je me refuse à croire en la liberté et en ce concept philosophique. Je ne suis pas libre, mais plutôt contraint par des pressions étrangères à moi ou tantôt par des convictions intimes. Jeune, j'ai été frappé par la maxime de Schopenhauer : l'homme peut certes faire ce qu'il veut mais il ne peut pas vouloir ce qu'il veut; et, aujourd'hui face à ce terrifiant spectacle des injustices humaines, cette morale m'apaise et m'éduque. J'apprend à tolérer ce qui me fait souffrir. Je supporte alors mieux mon sentiment de responsabilité. Je n'en suis plus écrasé et je cesse de me prendre moi ou les autres au sérieux. Alors, je vois le monde avec humour.(...)

(...) En revanche, des idéaux ont suscité mes efforts et m'ont permis de vivre. Ils s'appellent le bien, le beau, le vrai. Si je ne me ressend pas en sympathie avec d'autres sensibilités semblables à la mienne, et si je ne m'obstine pas inlassablement à poursuivre cet idéal éternellement inaccessible en art et en science, la vie n'a aucun sens pour moi. Or l'humanité se passionne pour des buts dérisoires. Ils s'appellent la richesse, la gloire, le luxe. Déjà jeune je les méprisais.

(...) La pire des institutions grégaires se prénomme l'armée. Je la hais. Si un homme peut éprouver quelque plaisir à défiler en rang au son d'une musique, je méprise cet homme. Il ne mérite pas un cerveau humain puisqu'une moelle épinière le satisfait. Nous devrions faire disparaître le plus rapidement possible ce cancer de la civilisation. Je hais violemment l'héroisme sur ordre, la violence gratuite et le nationalisme débile. La guerre est la chose la plus méprisable. Je préférerais me laisser assassiner que de participer à cette ignominie.

(...) J'éprouve l'émotion la plus forte devant le mystère de la vie. Ce sentiment fonde le beau et le vrai, il suscite l'art et la science. Si quelqu'un ne connait pas cette sensation ou ne peut plus ressentir étonnement ou surprise, il est un mort vivant et ses yeux sont désormais aveugles. Auréolée de crainte, cette réalité secrète du mystère constitue aussi la religion. Des hommes reconaissent alors quelque chose d'impénétrable à leur intelligence mais connaissent les manifestations de cet ordre suprême et de cette beauté inaltérable. Des hommes s'avouent limités dans leur esprit pour appréhender cette perfection. Et cette connaissance et cet aveu prennent le nom de religion. Ainsi, mais seulement ainsi, je suis profondément religieux, tout comme ces hommes. Je ne peux pas imaginer un Dieu qui récompense et punit l'objet de sa création. Je ne peux pas me figurer un Dieu qui réglerait sa volonté sur l'expérience de la mienne. (...)

Je ne me lasse pas de comtempler le mystère de l'éternité de la vie. Et j'ai l'intuition de la construction extraordinaire de l'être. Même si l'effort pour le comprendre reste disproportionné, je vois la Raison se manifester dans la vie.(...) 


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